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Re: [copyleft_attitude] licence légale, licence globale...
Isabelle Vodjdani a écrit :
>Les arguments que l'on voit circuler en ce moment pour ou contre la
licence globale-légale sont étonamment simpliste
-----
Rien n'est simple ;-)
O
Cf. http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=5809
Licence globale : la bonne idée (si on y réfléchit...)*
**L’idée d’une licence globale n’est ni nouvelle ni farfelue. Les
questions soulevées par M.Fievet dans son article "Licence globale: la
mauvaise idée" ont toutes leurs réponses. Retour sur un article qui
illustre bien combien rien n’est simple, lorsqu’on se penche sur le
droit d’auteur...*
Cher M.Fievet, je suis lié à quelques artistes, dont deux ont signé
(avec 14 000 de leurs collègues) la pétition en faveur de la licence
globale. L’un d’eux, sous contrat, a signé anonymement (un contrôle
d’huissier validant sa signature) pour éviter d’éventuelles représailles
de sa maison de disque. Par ailleurs, l’histoire du droit d’auteur et de
l’art fait partie de mes grands centres d’intérêt. Je me permets de
répondre à votre billet.
Dans votre article
<http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=5800>, c’est l’auteur
qui est en vous (celui de quatre livres, comme l’indique votre CV) qui a
parlé. Quand un auteur réfléchit aux droits d’auteur, il est toujours
tiraillé entre ses deux identités: celle de créateur, et celle de
citoyen. Vous avez laissé la première prendre le pas sur la seconde.
L’idée d’une licence globale n’est ni nouvelle, ni farfelue - les
licences collectives (licence légale, licence globale...) sont très
souvent utilisées en droit d’auteur: rien de neuf.
Son application à Internet a été creusée avec sérieux dès 1998-99 par le
professeur de droit de la propriété intellectuelle, William W. Fisher
III (Harvard University <http://www.tfisher.org>), et par pas mal
d’autres juristes de toutes nations.
Le rapport du Conseil économique et social sur les droits d’auteur, en
2004, proposait déjà explicitement ce que l’Assemblée nationale vient de
voter, à savoir "considérer le téléchargement comme copie privée" (page
I-14 et 15 à cette adresse <http://www.ces.fr/rapport/doclon/04071521.pdf>).
En voici l’extrait clé:
"Le Conseil économique et social propose de qualifier de copie privée
les téléchargements d’oeuvres, au lieu de les assimiler systématiquement
à du piratage(...) dans le cadre d’une licence légale délivrée aux
fournisseurs d’accès à l’Internet (FAI), la copie privée peut alors être
quantifiée, sachant que, à l’instar du risque zéro qui n’existe pas, il
est illusoire de chercher à éradiquer l’usage abusif de l’oeuvre. Il
s’agit de réduire /a minima/ le préjudice subi par les ayants-droit, par
un système de compensation financière."
A bien des égards, l’Assemblée Nationale n’a fait que suivre la
recommandation du Conseil économique et social, qui n’a pas la
réputation d’être un fief de révolutionnaires anarcho-démagogues. Sur le
plan international, un analyste au cabinet de conseil Frost & Sullivan
juge que l’Assemblée nationale, en légalisant le P2P, a juste "une
approche pragmatique du problème
<http://news.yahoo.com/s/nf/20051223/tc_nf/40473>".
Suite sur : http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=5809