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Re: Re: Dadvsi, brèvesynthèse (location versus propriété)
- From: valentin lacambre < >
- Date: Fri, 30 Dec 2005 11:33:19 +0100
- In-reply-to: < >
Isabelle Vodjdani wrote:
Depetris a écrit :Isabelle Vodjdani wrote:Pour revenir à la licence globale, je ne sais trop quoi en penser ; pour le moment cela me paraît surtout être une machine à faire rêver : - les internautes qui se disent qu'ils pourront avoir accès à tout pour une petite somme - les auteurs qui publient sous CC (aussi bien by-sa 2.5 que by-nc-sa) qui se pourlèchent à l'idée de trouver là un système qui leur permettra de toucher des royalties sur le téléchargement de leurs fichiers. Ils s'imaginent déjà Crésus,Moi je n'y vois qu'un combat de prédateurs pour se partager le butin. (Et un nouvel impôt pour financer les baisses d'impôts.)Oui, on est bien d'accord (bien que cette "redevance" ne soit pas un impôt. A tout prendre, il aurait mieux valu que ça le soit; c'eût été au moins un budget que l'on aurait pu espérer destiné à la culture).Mais le problème avec cette licence globale, c'est qu'elle fait illusion, elle fait rêver des internautes et des auteurs qui s'imaginent qu'ils y trouveront leur compte alors que ce sont les FAI et les sociétés de gestion de droit qui en tireront bénéfice.Cette licence globale est une diversion, une sous usine à gaz dans l'usine à gaz dadvsi. En voulant résoudre le problème sous son aspect purement consumériste, elle réduit à des comptes d'apothicaire ce qui aurait dû être un débat sur la politique culturelle.Là où il aurait fallu mener un débat de fond sur le rôle de la culture, sur l'art, et sur la place des auteurs dans la société, on se retrouve en train de tirer des plans sur la comète autour d'arguties techniques qui à l'examen, ne tiennent pas la route.Le véritable débat est confisqué, et on s'enfonce un cran de plus dans une conception purement distractive et mercantile de la culture.
daccord avec ça, le temps de débat qui a été arraché difficilement semble être devoyé dans un sous-débat pour ou contre la licence globale.
le schéma prévu de la dadvsi est visible; fourtou (mr) fait voter en france une loi de commande pour sa société (vivendi), puis fourtou (mme) étends cette législation à l'ensemble de l'europe (mme fourtou est la rapporteuse pour le projet de directive européenne sur les droits d'auteur et droits voisins).
ce schéma est celui qu'il faut saboter, au sens de glisser subrepticement un sabot dans l'engrenage longuement planifié. la licence globale est un beau sabot mais rester focalisé exclusivement sur le machin qui a tordu l'engrenage ça va pas faire un bon débat.
les drm au sens de la dadvsi mélangent à mon sens deux choses qui ne sont pas naturellement liées;
- l'intégration à l'oeuvre diffusée numériquement de ses références (auteur, titre, description). ce a quoi tout le monde est favorable à priori, les usagers d'internet, les distributeurs, les auteurs.
- la 'sécurisation' de l'oeuvre au travers de méthodes techniques qui ne peuvent être que secrètes.
ce qui est un non sens tant mathématique qu'en terme d'usage.ce coté forcément secret des méthodes techniques est la pierre d'achoppement de la dadvsi.
le cryptage n'est efficace que tant que le texte en clair n'est pas disponible au public, sinon l'analyse mathématique du texte en clair et du texte crypté aura tot fait de mettre à bas la méthode de cryptage. le principe des oeuvres etant de pouvoir les consulter en clair aucune méthode de cryptage ne peut esperer tenir par elle même, la seule solution etant d'interdire son analyse ce qui a les conséquences que l'on a vu et en particulier l'impossibilité d'inclure ces méthodes dans des logiciel libre.
le rêve de vivendi est de nous faire passer de la propriété à la location, la ou on achetait un cd on devrait louer les oeuvres numeriques. ce qui a l'avantage pour les distributeurs de ne plus avoir à réinventer les support periodiquement pour forcer le rachat des oeuvres (passage du 33 tours au cd, de la vhs au dvd). avec la disparition du support physique de distribution qu'entraine la livraison par internet, la location est la seule solution trouvée par l'industrie du disque pour maintenir son chiffre d'affaire aujourd'hui constitué pour une bonne part par le rachat periodique des oeuvres.
valentin
A mon tour, je dirais que Clansco est parfois pertinent quand il écrit (le 26/12) :Clansco a raison de parler de la capacité de nuisance des c... de la sociale..un art un peu particulier, l'art bureaucratique. c'est comme le minitel, le concorde, la machine de l'ingénieur bertin,concocté par les fonctionnaires de france telecom ou du ministère de la culture,va savoir.mais c'est beau. et ça ne mange pas de pain, la réalité sera toujours la réalité. et les plans foireux d'énarque imbécile et fainéant à qui un ministre demande t'à quoi à dire sur le P2P, fumiste il met ses fonctionnaires charette.ça donne DADVSI. et les vrais esthètes ne peuvent que se réjouir. que dis-je ? bander. pour le moins.et voilà que les chieurs mal baisés de la sociale viennent incongrument bloquer l'éruption laiteuse fort mal à propos. que veulent les chieurs, à par faire chier son monde, histoire de prouver que s'ils ne sont pas diplomés de l'ena, ils n'en n'ont pas moins une certaine capacité de nuisance ?oh, ils ne voulaient pas grand chose, juste participer à l'excitation,mettre leur main à l'ouvrage collectif, tâter de l'échangisme, voir côtoyer l'orgie. avec de si petits joueurs l'affaire ne pouvait que tourner à la branlette.ça se termine en vignette. fallait pas les inviter. et oui, c'est plus noël, on peut dire des gros motsJe suis atterrée qu'une chose dont la faisabilité technique n'a jamais été sérieusement étudiée soit présentée comme un projet sur lequel les députés se prononcent. Pour donner le change, l'étude de faisabilité juridique torchée par l'Alliance Public Artists est un document inutilement laborieux de presque 80 pages (étant maso, je me le suis tapé en diagonale, il aurait pu n'en faire que 15). C'est un pudding juridique indigeste qui masque une carence grave quant à la faisabilité technique.Du fait de son indétermination, ce projet nourrit les fantasmes les plus débridés, et ce n'est pas étonnant qu'il divise jusqu'au sein des partis politiques.Je me répond à moi-même : le coût n'est pas un problème. C'est un logiciel de cryptage qui watermaque. Ca pourrait aussi bien être un logiciel libre.Moi je demande à voir. Premièrement on me dit que mettre en oeuvre un watermarking n'est pas si trivial que ça. Ca ne se fait pas d'un clic, ça suppose un coût auquel les auteurs "indépendants" devront peut-être participer pour avoir le droit de continuer à rêver. Je n'ai aucune idée du coût de la chose. Si coût il y a, sous quelle forme (mutualisée ou autre) se mettra en place cette mise en oeuvre?J'aimerais en savoir plus sur le watermarking.(ok, allons y, encore un cran plus bas dans les comptes d'apothicaire) Ce que j'en ai compris avec ma comprenette low-tech :Le watermarking est un cryptage qui affecte les données même du fichier pour y introduire une séquence d'infos (nom de l'oeuvre et de l'ayant droit par exemple) qu'un décripteur pourrait au besoin relire pour tracer le fichier. Ces informations viennent remplacer, aussi discrètement que possible, certains éléments du fichier, par exemple à raison d'un bit tous les 16 bits sur un fichier son, pour former à leur tour une séquence d'infos (après ça se complique pour que le cryptage soit à la fois quasi-inaudible et illisible). On peut comparer à ce que feraient des images subliminales dans un film. Or, tu vois bien que si on met toutes les 24 images une image étrangère, cette image dégrade le film. Après, on ne peut pas retrouver le film intact à son état natif, la 24e image n'y est plus. Un bidouilleur pourrait casser la séquence d'infos pour rendre le traçage impossible, il pourrait même soustraire les infos de traçage, mais il ne peut pas rétablir l'état natif du fichier. Le DRM ne fait pas ça, il encapsule le fichier comme un emballage. Il faut une clé pour ouvrir l'emballage. Soit cette clé est incluse dans le matériel de lecture (pour les configurations statiques), soit il faut la demander à un serveur distant (pour les configurations dynamiques). Dans les deux cas, tu dépends du serrurier qui vend sa clé.Onques donc, à moins que le procédé de watermarking soit standardisé, (ce qui n'est pas du tout dans l'esprit dadvsi), les FAI qui devront décrypter les watermarks pour redistribuer à qui de droit la manne des redevances, devront disposer d'un trousseau de clés bigarré, essayer chaque clé sur chaque morceau qui passe dans leurs tuyaux, pour savoir qu'est-ce qui appartient à qui.Vous voyez le travail ?Ce qui revient à dire que l'idée du watermarking est bonne pour la poubelle. Non seulement elle pourrit les fichiers, mais en plus ce n'est pas une solution pour répartir les droits au détail.Ou alors, il faut un amendement supplémentaire pour imposer sinon un standard, du moins un monopole sur les procédés de watermarking (oui, parce qu'un standard en la matière, deviendrait un secret de polichinelle).Ah! C'est bien joli, mais comment imposer ça aux distributeurs étrangers?Facile! il n'y a qu'à faire une nouvelle directive au niveau de l'OMPI qui accouchera d'une nouvelle directive européenne qui accouhera dans dix ans de la DADA Vessie !Donc, on revient à la case départ : la redistribution se fait sur la base d'indexations et des statistiques de grossistes qui laissent de côté les auteurs indépendants, les petits, les non affiliés aux sociétés de gestion de droits. Dans moins de deux semaines la classe politique va s'écharper sur le mode d'indexation.Encore une couche : la tenue régulière de ces statistiques et le travail de redistribution des droits, c'est une charge pour les pauvres FAI qui seront obligés d'augmenter leurs tarifs.Effet secondaire : la publication journalière de ces statistiques, des performances des auteurs, des scores des sociétés de gestion de droit deviendra un spectacle fascinant que l'on suivra à la télé entre le cours de la bourse et la météo.Isabelle ------------------------------------------------------------------------ --Pour toute commande au robot de la liste, adressez vous a Copyleft Attitude : <http://artlibre.org>Archives et administration : <http://www.april.org/wws/>
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