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Re: Re: Dadvsi, brèvesynthèse



Depetris a écrit :


Isabelle Vodjdani wrote:

Pour revenir à la licence globale, je ne sais trop quoi en penser ;
pour le moment cela me paraît surtout être une machine à faire rêver
:
- les internautes qui se disent qu'ils pourront avoir accès à tout
pour une petite somme
- les auteurs qui publient sous CC (aussi bien by-sa 2.5 que
by-nc-sa) qui se pourlèchent à l'idée de trouver là un système qui
leur permettra de toucher des royalties sur le téléchargement de
leurs fichiers. Ils s'imaginent déjà Crésus,


Moi je n'y vois qu'un combat de prédateurs pour se partager le butin.
(Et un nouvel impôt pour financer les baisses d'impôts.)

Oui, on est bien d'accord (bien que cette "redevance" ne soit pas un
impôt. A tout prendre, il aurait mieux valu que ça le soit; c'eût
été au moins un budget que l'on aurait pu espérer destiné à la
culture).

Je crois pourtant qu'on est plus là dans l'impôt que dans le "libre
commerce", même si cet impôt n'a plus rien de "public". Je crois que
ça tient à l'évolution féodale de l'économie de marché. Je crois de
toute façon que que ça a toujours été une vue de l'esprit que
d'opposer l'état au privé, le capitaliste au fonctionnaire. C'est
comme opposer le sabre et le goupillon. :D
C'est sûr que si c'est sur cette opposition que prétendent se
démarquer la gauche et la droite, ce n'est pas étonnant qu'on ne s'y
reconnaisse plus.
Boutin finit par paraître gauchiste. :D


Mais le problème avec cette licence globale, c'est qu'elle fait
illusion,  elle fait rêver des internautes et des auteurs qui
s'imaginent qu'ils y trouveront leur compte alors que ce sont les
FAI et les sociétés de gestion de droit qui en tireront bénéfice.

Cette licence globale est une diversion, une sous usine à gaz dans
l'usine à gaz dadvsi. En voulant résoudre le problème sous son
aspect purement consumériste, elle réduit à des comptes
d'apothicaire ce qui aurait dû être un débat sur la politique
culturelle.

Là où il aurait fallu mener un débat de fond sur le rôle de la
culture, sur l'art, et sur la place des auteurs dans la société, on
se retrouve en train de tirer des plans sur la comète autour
d'arguties techniques qui à l'examen, ne tiennent pas la route.

Le véritable débat est confisqué, et on s'enfonce un cran de plus
dans une conception  purement distractive et mercantile de la
culture.

Tu sais, les débats sur la culture, pour ce que j'ai eu l'occasion
d'en connaître, ce sont des partages de fromages.


A mon tour, je dirais que Clansco est parfois pertinent quand il
écrit (le 26/12) :

un art un peu particulier,
l'art bureaucratique.
c'est comme le minitel, le concorde, la machine de l'ingénieur bertin,
concocté par les fonctionnaires de france telecom ou du ministère
de la culture,
va savoir.
mais c'est beau. et ça ne mange pas de pain, la réalité sera
toujours la réalité.

Ca c'est sûr, et ce ne sont pas des lois qui la changeront.

et les plans foireux d'énarque imbécile et fainéant à qui un
ministre demande  t'à quoi à dire sur le P2P, fumiste il met ses
fonctionnaires charette.
ça donne DADVSI.
et les vrais esthètes ne peuvent que se réjouir.
que dis-je ?
bander. pour le moins.

et voilà que les chieurs mal baisés de la sociale viennent
incongrument bloquer l'éruption laiteuse fort mal à propos.
que veulent les chieurs, à par faire chier son monde, histoire de
prouver que s'ils ne sont pas diplomés de l'ena, ils n'en n'ont pas
moins une certaine capacité de nuisance ?
oh, ils ne voulaient pas grand chose, juste participer à l'excitation,
mettre leur main à l'ouvrage collectif, tâter de l'échangisme, voir
côtoyer l'orgie.
avec de si petits joueurs l'affaire ne pouvait que tourner à la branlette.

ça se termine en vignette.
fallait pas les inviter.

et oui, c'est plus noël,
on peut dire des gros mots

Clansco a raison de parler de la capacité de nuisance des c... de la sociale.

On ne doit quand même pas être dupe. Entre les profiteurs du bien
public et les profiteurs du bien privé, il n'y a pas opposition de
fond, seulement dispute pour les plus gros morceaux. Qu'ils se
cachent pour cela, selon le cas, derrière l'improbable financement
des créateurs, ou les revendications du libre, c'est de bonne guerre.


Je suis atterrée qu'une chose dont la faisabilité technique n'a
jamais été sérieusement étudiée soit présentée comme un projet sur
lequel les députés se prononcent. Pour donner le change, l'étude de
faisabilité juridique torchée par l'Alliance Public Artists est un
document inutilement laborieux de presque 80 pages (étant maso, je
me le suis tapé en diagonale, il aurait pu n'en faire que 15). C'est
un pudding juridique indigeste qui masque une carence grave quant à
la faisabilité technique.

Du fait de son indétermination, ce projet nourrit les fantasmes les
plus débridés, et ce n'est pas étonnant qu'il divise jusqu'au sein
des partis politiques.



Moi je demande à voir. Premièrement on me dit que mettre en oeuvre
un watermarking n'est pas si trivial que ça. Ca ne se fait pas d'un
clic, ça suppose un coût auquel les auteurs "indépendants" devront
peut-être participer pour avoir le droit de continuer à rêver. Je
n'ai aucune idée du coût de la chose. Si coût il y a, sous quelle
forme (mutualisée ou autre) se mettra en place cette mise en oeuvre?


Je me répond à moi-même : le coût n'est pas un problème. C'est un
logiciel de cryptage qui watermaque. Ca pourrait aussi bien être un
logiciel libre.

J'aimerais en savoir plus sur le watermarking.

(ok, allons y, encore un cran plus bas dans les comptes d'apothicaire)

Oui, je comprends mieux.
Watermark, c'est la traduction poétique en anglais de 'filigrane'.
Littéralement: impression au coeur du papier, que l'on peut lire en
transparence. C'est un peu le même principe que le tampon sec, qui
s'incruste dans l'épaisseur du papier. C'est donc ce vieux principe
appliqué aux données numériques. En soi, ce n'est pas la mort.
Le problème, c'est plutôt la conception actuelle du travail: Une
heure de travail de cochon, et trente pour la comptabilité, les
demandes de subvention, les promotions, les systèmes antivols, le
contrôle d'entrée, etc.
Esprits non tortueux s'abstenir. Antoine Moreau n'a pas tort.

Ce qui me surprend quand même dans tout ça, c'est que ce ne serait
pas très difficile de faire de vrais systèmes pour contrôler l'accès
illicite à des données sans déranger celle qui sont librement
ouvertes. A condition, bien sûr qu'on sache bien ce qu'on veut faire.
Je soupçonne que ce ne soit pas le cas ;-)
a+
j-p

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Jean-Pierre Depétris
<http://jdepetris.free.fr>