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Re: Re: Dadvsi, brèvesynthèse
- From: Depetris < >
- Date: Thu, 29 Dec 2005 15:32:21 +0100
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Depetris a écrit :Isabelle Vodjdani wrote:Pour revenir à la licence globale, je ne sais trop quoi en penser ; pour le moment cela me paraît surtout être une machine à faire rêver : - les internautes qui se disent qu'ils pourront avoir accès à tout pour une petite somme - les auteurs qui publient sous CC (aussi bien by-sa 2.5 que by-nc-sa) qui se pourlèchent à l'idée de trouver là un système qui leur permettra de toucher des royalties sur le téléchargement de leurs fichiers. Ils s'imaginent déjà Crésus,Moi je n'y vois qu'un combat de prédateurs pour se partager le butin. (Et un nouvel impôt pour financer les baisses d'impôts.)Oui, on est bien d'accord (bien que cette "redevance" ne soit pas un impôt. A tout prendre, il aurait mieux valu que ça le soit; c'eût été au moins un budget que l'on aurait pu espérer destiné à la culture).
Je crois pourtant qu'on est plus là dans l'impôt que dans le "libre commerce", même si cet impôt n'a plus rien de "public". Je crois que ça tient à l'évolution féodale de l'économie de marché. Je crois de toute façon que que ça a toujours été une vue de l'esprit que d'opposer l'état au privé, le capitaliste au fonctionnaire. C'est comme opposer le sabre et le goupillon. :D C'est sûr que si c'est sur cette opposition que prétendent se démarquer la gauche et la droite, ce n'est pas étonnant qu'on ne s'y reconnaisse plus. Boutin finit par paraître gauchiste. :D
Mais le problème avec cette licence globale, c'est qu'elle fait illusion, elle fait rêver des internautes et des auteurs qui s'imaginent qu'ils y trouveront leur compte alors que ce sont les FAI et les sociétés de gestion de droit qui en tireront bénéfice. Cette licence globale est une diversion, une sous usine à gaz dans l'usine à gaz dadvsi. En voulant résoudre le problème sous son aspect purement consumériste, elle réduit à des comptes d'apothicaire ce qui aurait dû être un débat sur la politique culturelle. Là où il aurait fallu mener un débat de fond sur le rôle de la culture, sur l'art, et sur la place des auteurs dans la société, on se retrouve en train de tirer des plans sur la comète autour d'arguties techniques qui à l'examen, ne tiennent pas la route. Le véritable débat est confisqué, et on s'enfonce un cran de plus dans une conception purement distractive et mercantile de la culture.
Tu sais, les débats sur la culture, pour ce que j'ai eu l'occasion d'en connaître, ce sont des partages de fromages.
A mon tour, je dirais que Clansco est parfois pertinent quand il écrit (le 26/12) :un art un peu particulier, l'art bureaucratique. c'est comme le minitel, le concorde, la machine de l'ingénieur bertin, concocté par les fonctionnaires de france telecom ou du ministère de la culture, va savoir. mais c'est beau. et ça ne mange pas de pain, la réalité sera toujours la réalité.
Ca c'est sûr, et ce ne sont pas des lois qui la changeront.
et les plans foireux d'énarque imbécile et fainéant à qui un ministre demande t'à quoi à dire sur le P2P, fumiste il met ses fonctionnaires charette. ça donne DADVSI. et les vrais esthètes ne peuvent que se réjouir. que dis-je ? bander. pour le moins. et voilà que les chieurs mal baisés de la sociale viennent incongrument bloquer l'éruption laiteuse fort mal à propos. que veulent les chieurs, à par faire chier son monde, histoire de prouver que s'ils ne sont pas diplomés de l'ena, ils n'en n'ont pas moins une certaine capacité de nuisance ? oh, ils ne voulaient pas grand chose, juste participer à l'excitation, mettre leur main à l'ouvrage collectif, tâter de l'échangisme, voir côtoyer l'orgie. avec de si petits joueurs l'affaire ne pouvait que tourner à la branlette. ça se termine en vignette. fallait pas les inviter. et oui, c'est plus noël, on peut dire des gros motsClansco a raison de parler de la capacité de nuisance des c... de la sociale.
On ne doit quand même pas être dupe. Entre les profiteurs du bien public et les profiteurs du bien privé, il n'y a pas opposition de fond, seulement dispute pour les plus gros morceaux. Qu'ils se cachent pour cela, selon le cas, derrière l'improbable financement des créateurs, ou les revendications du libre, c'est de bonne guerre.
Je suis atterrée qu'une chose dont la faisabilité technique n'a jamais été sérieusement étudiée soit présentée comme un projet sur lequel les députés se prononcent. Pour donner le change, l'étude de faisabilité juridique torchée par l'Alliance Public Artists est un document inutilement laborieux de presque 80 pages (étant maso, je me le suis tapé en diagonale, il aurait pu n'en faire que 15). C'est un pudding juridique indigeste qui masque une carence grave quant à la faisabilité technique. Du fait de son indétermination, ce projet nourrit les fantasmes les plus débridés, et ce n'est pas étonnant qu'il divise jusqu'au sein des partis politiques.Moi je demande à voir. Premièrement on me dit que mettre en oeuvre un watermarking n'est pas si trivial que ça. Ca ne se fait pas d'un clic, ça suppose un coût auquel les auteurs "indépendants" devront peut-être participer pour avoir le droit de continuer à rêver. Je n'ai aucune idée du coût de la chose. Si coût il y a, sous quelle forme (mutualisée ou autre) se mettra en place cette mise en oeuvre?Je me répond à moi-même : le coût n'est pas un problème. C'est un logiciel de cryptage qui watermaque. Ca pourrait aussi bien être un logiciel libre.J'aimerais en savoir plus sur le watermarking.(ok, allons y, encore un cran plus bas dans les comptes d'apothicaire)
Oui, je comprends mieux. Watermark, c'est la traduction poétique en anglais de 'filigrane'. Littéralement: impression au coeur du papier, que l'on peut lire en transparence. C'est un peu le même principe que le tampon sec, qui s'incruste dans l'épaisseur du papier. C'est donc ce vieux principe appliqué aux données numériques. En soi, ce n'est pas la mort. Le problème, c'est plutôt la conception actuelle du travail: Une heure de travail de cochon, et trente pour la comptabilité, les demandes de subvention, les promotions, les systèmes antivols, le contrôle d'entrée, etc. Esprits non tortueux s'abstenir. Antoine Moreau n'a pas tort. Ce qui me surprend quand même dans tout ça, c'est que ce ne serait pas très difficile de faire de vrais systèmes pour contrôler l'accès illicite à des données sans déranger celle qui sont librement ouvertes. A condition, bien sûr qu'on sache bien ce qu'on veut faire. Je soupçonne que ce ne soit pas le cas ;-) a+ j-p -- -- Jean-Pierre Depétris <http://jdepetris.free.fr>
- References:
- Dadvsi, brève synthèse
- From: Isabelle Vodjdani
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- From: Antoine
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