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Erreur d'aiguillage encore



J'ai encore envoyé ce message par erreur à Rico da Halvarez (je m'en
excuse) plutôt qu'à la liste.

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To: From: Depetris < >
Subject:  Re: [copyleft  _attitude] Re: [copyleft
_attitude] erreur d'aigu  illage  idéologique
Cc:
Bcc:
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Rico da Halvarez wrote:
c'est donc la phrase suivante "(on pouvait à peine prononcer un mot dans
le langage naturel sans référer explicitement à Kant Hegel ou Heidegger)",
prononcée ( par danna ) dans le forum de musique-libre.org qui a déclenché
cette logorrhée.

Oui, comment en est-on arrivé là, au fait?
Je ne me souviens plus d'avoir lu cette phrase. C'est celle-ci qui
m'a fait réagir:
Mais je reste persuadé qu'au fond se joue là une réflexion d'une
extrème importance : le monde contemporain (capitaliste/technique)
tend à comprendre toute chose sur le modèle de la création technique
(je pense qu'heidegger ou simondon ne serairent pas très étonnés
qu'on en soit là  ET c'est là un enjeu majeur de notre avenir.

ce sera long, ça l'est déjà.

il me semble que le seul fait de pronnoncer 'Heidegger' quelque part ne
devrait aboutir à ce genre de discussion ou il faut faire défiler
l'histoire de l'humanité pour entrevoir une réponse à quoi? A quelque
chose qui n'a rien à voir avec le point de départ.

je n'ai pas envie de gloser des heures sur Heidegger dont je n'ai que
faire,  que je lis pas, que je n'aime pas parcequ'il écrit mal, et pour
d'autres raisons que je ne ais pas vous faire l'affront de vous exposer
pompeusement ici.

Donc, un mot, lu et interprété est la cause de cette longue suite
d'interprétations de l'histoire récente.
répondre maintenant :

 A quoi bon être si diplomate?

mon ?il

 Tout ce qui pouvait être insinué l'a
 déjà été à partir 1987 quand est sorti le livre de Faria.

ai pas lu

Moi non plus. C'est un ouvrage qui a fait grand bruit, au point de
paraître rapidement en poche, sur le passé politique de Heidegger.

 > Ce n'est justement pas mon propos de jouer à se balancer du nazisme à
 la figure.

c'est pourtant ce que tu as fait et qui fait qu'on en est là

Mais non. Tout le monde sait que Heidegger était nazi, et que ce
n'est pourtant pas chez des nazis qu'il a fait école.

 >>[quote]Je dis que de telles prémisses aboutissent et se fondent sur le
principe qu'il y a une forme de civilisation qui est supérieure aux
autres.[/quote]

Sartre, Merleau-Ponty, Levinas ( qui a vécu l'horreur des camps de
concentration ) par exemple se sont inspiré de Heidegger ( qui a
correspondu sa vie durant avec Hannha Arendt, juive, elle aussi ), qui
 lui
même à été le disciple de Husserl qui était juif.

 C'est bien ce qui est intéressant justement. On pourrait même en
 citer bien d'autres, René Char, Lacan... Et après?

je voulais simplement pointer les contradictions que l'on trouve chez tous
nos semblables. et rappeler que l'on étudie Heidegger dans toutes les facs
de philo. le dasein n'est pas un concept fasciste. Je ne vois pas ce qu'il
y a d'interessant là dedans, c'est purement anecdotique.

Justement. Je ne vois pas pourquoi on ferait l'impasse sur les
engagement politiques d'un philosophe, d'une part, et, d'autre part,
pourquoi ce serait sinon une raison de l'ignorer.

 >>Il est vrai qu'Heidegger fut un zélé ( bien que muet ) partisan de cet
 >>odieux parti ( il prend sa carte dès 36 ), mais je ne pense pas que sa
doctrine philosophique, la phénoménologie, base des pensées que j'ai cité
plus haut ait un quelconque rapport avec l'idée d'une civilisation
supérieure...

D'une part, il n'est pas le fondateur de la phénoménologie, c'est
Husserl. D'autre part je ne vois pas comment on peut isoler ainsi une
pensée politique d'une pensée philosophique.

De toute façon, mon propos n'est pas là. Bien qu'il fut moins muet
qu'on pourrait le croire, son rôle politique est trop mineur pour
qu'il soit intéressant de s'y étendre.
Ce qui me gène chez lui, c'est sa philosophie de la parole.

les juifs sont de toutes les civilisations de l'Egypte aux califats
arabes, en passant par le monde gréco-romain, la civilisation américaine,
ou l'Européenne. ils en ont toujours fait partie intégrante, et ils ont
fortement contribué à enrichir ces civilisations par leur savoir
extraordinairement riche. ceux qui voulu refuser cet héritage sont légion,
et surtout en Europe. C'est déplorable...

Evidemment, mais je ne fais de procès d'intention à personne sur ce point. :)

 > Comme si toutes les grandes civilisation n'avaient pas connu leurs
 humanismes, leurs Lumières, leur libre-pensée.

c'est certes possible, mais les termes que tu emploies sont des termes
occidentaux forcément anachroniques ou inapproprés quand on cherche à les
appliquer à d'autres civilisations que celle qui nous précède en Europe.

 C'est pourtant bien
 l'idéologie que continue à se coltiner l'occident dans sa grande
 majorité, et c'est bien pourquoi aussi il me paraît vain de se jeter
 du nazisme à la figure.
 Hutchinson, Heidegger même combat! :-D

ok brisons-là avec le nazisme et les ingnorantes interprétations de la
transmission de la culture, de l'Histoire, de la civilisation, et leurs
fâcheuses conséquences. restons vigilants un point c'est tout.

Oui, oui.

 >>quant à la question du langage en philosophie, méfies-toi! elle a rendu
dingue beaucoup de ceux qui ont eu la prétention de la
 résoudre...lis-donc
Wittgenstein!

 C'est pourtant bien la clé de voûte de ses ouvrages.

La référence à Heidegger que j'ai souligné sur le blog me semble très
significative d'une façon de voir: Notamment abandonner la technique
à l'économie, et croire que la vraie culture est ailleurs, dans
quelque chose de plus transcendantal.
Je ne crois pas avoir à expliquer sur cette liste pourquoi la
technique ne devrait pas être abandonnée au capitalisme.
Tout devrait être abordé d'un point de vue technique, parce que c'est
le plus universel.
Naturellement, ce que Heidegger appelle technique, c'est plutôt la
technologie, c'est à dire une technique déjà prise dans un assemblage
industriel qui permet de l'utiliser sans la comprendre. La véritable
technique, celle qui peut se transmettre, il l'ignore.
Pour lui, la culture est plutôt quelque chose dans quoi l'on se
moule, on se laisse couler, on s'intègre.

C'est pourquoi je trouve "pas con" ce que j'ai lu sur le blog. Ce
sont de vraies questions. Pour autant je ne suis pas d'accord avec
tout ce qui est dit.

 >
Pour finir, je sui d'accord avec ce que tu dis sur la non-distinction
juridique au niveau de la nature de l'?uvre de l'esprit, c'est en effet
 ce
que dit le CPI. En tout cas, je n'ai jamais pu utiliser un Rembrand pour
repasser mes chemises ( cf. Duchamp là dessus et la question du ready
 made
inversé ).

La différence ( selon moi ) se situe au niveau de la praxis :
contrairement à un logiciel, une ?uvre d'art n'est pas un ensemble de
fonctionnalités assemblées pour rendre un service universel : le service
qu'elle rend ( si service il y a ) est totalement subjectif, et donc,
difficile, voire impossible à apréhender. faudrait quand même pas penser
que le but de l'art est utilitaire, hein?

 Il faudrait d'abord définir l'art, ce qui serait une entreprise fort
 hasardeuse et somme toute inutile en ce qui nous concerne, puisque le
 droit l'ignore.
 De toute façon un programme peut être une oeuvre
 d'art. Le netart, l'art numérique se développe de plus en plus.
 La bonne question serait plutôt de savoir jusqu'à quel point un
 programme (tout programme) est une "oeuvre de l'esprit", et pourquoi
 on le reconnait comme tel. Pourquoi lui applique-t-on sans
 distinction un copyright et non pas un simple brevet industriel dans
 certains cas? A l'évidence parce qu'il est copiable comme une oeuvre
 de l'esprit, mais est-ce suffisant?
 Le problème c'est que le copyright ignore l'auteur au profit de la
 reproduction. Tout ce qui peut passer d'un support matériel à un
 autre serait "spirituel". Drôle de spirtualisme! Pour moi, s'il y a
 esprit, c'est qu'il y a quelqu'un: Mind = somebody (some body).
 > Pour les mêmes raisons, je ne vois pas pourquoi toutes les
 productions de l'industrie du spectacle sont elles aussi protégées
 par le droit d'auteur.
 Tiens, revenons à Heidegger. "La science ne pense pas" dit-il. La
 science, je ne sais pas, la philosophie non plus, mais le
 > scientifique, le philosophe, et TOUTE PERSONNE (everybody - every
 body) qui manipule des signes, oui.

 De tout façon, art ou pas, ce qui caractérise une oeuvre de l'esprit
 (terme, je le répète, bien désuet), c'est la capacité pour chacun
 (chaque un) d'aller aussi loin que possible dans un dispositif de
 signes, lui permettant de les réitérer ou les réinterpréter comme bon
 lui semble.

ok mais pas de la même façon. La science vise à l'effort, l'art vise l'effet.
il y a pensée dans les deux cas, mais avant tout il y a une praxis qui est
différente. un net artiste ne se sert pas du langage de programmation de
la même façon qu'un ingénieur :

En quoi?
Ou serait la différence?

Et même si l'on parle d'oeuvre littéraires, comment pourrions-nous
définir une façon d'utiliser la langue qui lui correspondrait par
opposition à une autre?
A moins de me dire qu'il y aurait des formes d'écriture convenues
pour des genres: roman, poème, etc, et de l'autre côté, les genres
articles, thèses, etc.

Dans ce cas, nous définirions l'art par des caractères bien trop formels. :)


bon, je répondrais peut-être au reste un jour, là j'ai du boulot :=)

Moi, j'ai pris froid. Ca va mieux, mais j'ai mal à la tête. :)

a l'année prochaine
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Jean-Pierre Depétris
<http://jdepetris.free.fr>