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Erreur d'aiguillage encore
- From: Depetris < >
- Date: Sun, 2 Jan 2005 14:24:36 +0100
J'ai encore envoyé ce message par erreur à Rico da Halvarez (je m'en excuse) plutôt qu'à la liste. ___________________________To: From: Depetris < >
Subject: Re: [copyleft _attitude] Re: [copyleft _attitude] erreur d'aigu illage idéologique Cc: Bcc: X-Attachments: Rico da Halvarez wrote:
c'est donc la phrase suivante "(on pouvait à peine prononcer un mot dans le langage naturel sans référer explicitement à Kant Hegel ou Heidegger)", prononcée ( par danna ) dans le forum de musique-libre.org qui a déclenché cette logorrhée.
Oui, comment en est-on arrivé là, au fait? Je ne me souviens plus d'avoir lu cette phrase. C'est celle-ci qui m'a fait réagir: Mais je reste persuadé qu'au fond se joue là une réflexion d'une extrème importance : le monde contemporain (capitaliste/technique) tend à comprendre toute chose sur le modèle de la création technique (je pense qu'heidegger ou simondon ne serairent pas très étonnés qu'on en soit là ET c'est là un enjeu majeur de notre avenir.
ce sera long, ça l'est déjà. il me semble que le seul fait de pronnoncer 'Heidegger' quelque part ne devrait aboutir à ce genre de discussion ou il faut faire défiler l'histoire de l'humanité pour entrevoir une réponse à quoi? A quelque chose qui n'a rien à voir avec le point de départ. je n'ai pas envie de gloser des heures sur Heidegger dont je n'ai que faire, que je lis pas, que je n'aime pas parcequ'il écrit mal, et pour d'autres raisons que je ne ais pas vous faire l'affront de vous exposer pompeusement ici. Donc, un mot, lu et interprété est la cause de cette longue suite d'interprétations de l'histoire récente. répondre maintenant :A quoi bon être si diplomate?mon ?ilTout ce qui pouvait être insinué l'a déjà été à partir 1987 quand est sorti le livre de Faria.ai pas lu
Moi non plus. C'est un ouvrage qui a fait grand bruit, au point de paraître rapidement en poche, sur le passé politique de Heidegger.
> Ce n'est justement pas mon propos de jouer à se balancer du nazisme àla figure.c'est pourtant ce que tu as fait et qui fait qu'on en est là
Mais non. Tout le monde sait que Heidegger était nazi, et que ce n'est pourtant pas chez des nazis qu'il a fait école.
>>[quote]Je dis que de telles prémisses aboutissent et se fondent sur leprincipe qu'il y a une forme de civilisation qui est supérieure aux autres.[/quote] Sartre, Merleau-Ponty, Levinas ( qui a vécu l'horreur des camps de concentration ) par exemple se sont inspiré de Heidegger ( qui a correspondu sa vie durant avec Hannha Arendt, juive, elle aussi ), qui lui même à été le disciple de Husserl qui était juif.C'est bien ce qui est intéressant justement. On pourrait même en citer bien d'autres, René Char, Lacan... Et après?je voulais simplement pointer les contradictions que l'on trouve chez tous nos semblables. et rappeler que l'on étudie Heidegger dans toutes les facs de philo. le dasein n'est pas un concept fasciste. Je ne vois pas ce qu'il y a d'interessant là dedans, c'est purement anecdotique.
Justement. Je ne vois pas pourquoi on ferait l'impasse sur les engagement politiques d'un philosophe, d'une part, et, d'autre part, pourquoi ce serait sinon une raison de l'ignorer.
>>Il est vrai qu'Heidegger fut un zélé ( bien que muet ) partisan de cet >>odieux parti ( il prend sa carte dès 36 ), mais je ne pense pas que sadoctrine philosophique, la phénoménologie, base des pensées que j'ai cité plus haut ait un quelconque rapport avec l'idée d'une civilisation supérieure...
D'une part, il n'est pas le fondateur de la phénoménologie, c'est Husserl. D'autre part je ne vois pas comment on peut isoler ainsi une pensée politique d'une pensée philosophique. De toute façon, mon propos n'est pas là. Bien qu'il fut moins muet qu'on pourrait le croire, son rôle politique est trop mineur pour qu'il soit intéressant de s'y étendre. Ce qui me gène chez lui, c'est sa philosophie de la parole.
les juifs sont de toutes les civilisations de l'Egypte aux califats arabes, en passant par le monde gréco-romain, la civilisation américaine, ou l'Européenne. ils en ont toujours fait partie intégrante, et ils ont fortement contribué à enrichir ces civilisations par leur savoir extraordinairement riche. ceux qui voulu refuser cet héritage sont légion, et surtout en Europe. C'est déplorable...
Evidemment, mais je ne fais de procès d'intention à personne sur ce point. :)
> Comme si toutes les grandes civilisation n'avaient pas connu leurshumanismes, leurs Lumières, leur libre-pensée.c'est certes possible, mais les termes que tu emploies sont des termes occidentaux forcément anachroniques ou inapproprés quand on cherche à les appliquer à d'autres civilisations que celle qui nous précède en Europe.C'est pourtant bien l'idéologie que continue à se coltiner l'occident dans sa grande majorité, et c'est bien pourquoi aussi il me paraît vain de se jeter du nazisme à la figure. Hutchinson, Heidegger même combat! :-Dok brisons-là avec le nazisme et les ingnorantes interprétations de la transmission de la culture, de l'Histoire, de la civilisation, et leurs fâcheuses conséquences. restons vigilants un point c'est tout.
Oui, oui.
>>quant à la question du langage en philosophie, méfies-toi! elle a rendudingue beaucoup de ceux qui ont eu la prétention de la résoudre...lis-donc Wittgenstein!C'est pourtant bien la clé de voûte de ses ouvrages.
La référence à Heidegger que j'ai souligné sur le blog me semble très significative d'une façon de voir: Notamment abandonner la technique à l'économie, et croire que la vraie culture est ailleurs, dans quelque chose de plus transcendantal. Je ne crois pas avoir à expliquer sur cette liste pourquoi la technique ne devrait pas être abandonnée au capitalisme. Tout devrait être abordé d'un point de vue technique, parce que c'est le plus universel. Naturellement, ce que Heidegger appelle technique, c'est plutôt la technologie, c'est à dire une technique déjà prise dans un assemblage industriel qui permet de l'utiliser sans la comprendre. La véritable technique, celle qui peut se transmettre, il l'ignore. Pour lui, la culture est plutôt quelque chose dans quoi l'on se moule, on se laisse couler, on s'intègre. C'est pourquoi je trouve "pas con" ce que j'ai lu sur le blog. Ce sont de vraies questions. Pour autant je ne suis pas d'accord avec tout ce qui est dit.
>Pour finir, je sui d'accord avec ce que tu dis sur la non-distinction juridique au niveau de la nature de l'?uvre de l'esprit, c'est en effet ce que dit le CPI. En tout cas, je n'ai jamais pu utiliser un Rembrand pour repasser mes chemises ( cf. Duchamp là dessus et la question du ready made inversé ). La différence ( selon moi ) se situe au niveau de la praxis : contrairement à un logiciel, une ?uvre d'art n'est pas un ensemble de fonctionnalités assemblées pour rendre un service universel : le service qu'elle rend ( si service il y a ) est totalement subjectif, et donc, difficile, voire impossible à apréhender. faudrait quand même pas penser que le but de l'art est utilitaire, hein?Il faudrait d'abord définir l'art, ce qui serait une entreprise fort hasardeuse et somme toute inutile en ce qui nous concerne, puisque le droit l'ignore. De toute façon un programme peut être une oeuvre d'art. Le netart, l'art numérique se développe de plus en plus. La bonne question serait plutôt de savoir jusqu'à quel point un programme (tout programme) est une "oeuvre de l'esprit", et pourquoi on le reconnait comme tel. Pourquoi lui applique-t-on sans distinction un copyright et non pas un simple brevet industriel dans certains cas? A l'évidence parce qu'il est copiable comme une oeuvre de l'esprit, mais est-ce suffisant? Le problème c'est que le copyright ignore l'auteur au profit de la reproduction. Tout ce qui peut passer d'un support matériel à un autre serait "spirituel". Drôle de spirtualisme! Pour moi, s'il y a esprit, c'est qu'il y a quelqu'un: Mind = somebody (some body).> Pour les mêmes raisons, je ne vois pas pourquoi toutes lesproductions de l'industrie du spectacle sont elles aussi protégées par le droit d'auteur. Tiens, revenons à Heidegger. "La science ne pense pas" dit-il. La science, je ne sais pas, la philosophie non plus, mais le> scientifique, le philosophe, et TOUTE PERSONNE (everybody - everybody) qui manipule des signes, oui. De tout façon, art ou pas, ce qui caractérise une oeuvre de l'esprit (terme, je le répète, bien désuet), c'est la capacité pour chacun (chaque un) d'aller aussi loin que possible dans un dispositif de signes, lui permettant de les réitérer ou les réinterpréter comme bon lui semble.ok mais pas de la même façon. La science vise à l'effort, l'art vise l'effet. il y a pensée dans les deux cas, mais avant tout il y a une praxis qui est différente. un net artiste ne se sert pas du langage de programmation de la même façon qu'un ingénieur :
En quoi? Ou serait la différence? Et même si l'on parle d'oeuvre littéraires, comment pourrions-nous définir une façon d'utiliser la langue qui lui correspondrait par opposition à une autre? A moins de me dire qu'il y aurait des formes d'écriture convenues pour des genres: roman, poème, etc, et de l'autre côté, les genres articles, thèses, etc. Dans ce cas, nous définirions l'art par des caractères bien trop formels. :)
bon, je répondrais peut-être au reste un jour, là j'ai du boulot :=)
Moi, j'ai pris froid. Ca va mieux, mais j'ai mal à la tête. :) a l'année prochaine ____________ -- -- Jean-Pierre Depétris <http://jdepetris.free.fr>
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