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Re: libroscope (was : Re: le "combat" est ailleurs
- From: miluz < >
- Date: Sat, 16 Oct 2004 12:43:04 +0200
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PhilK a écrit :
Bonsoir,
Bonjour,
Disons que l'industrie s'est accaparée l'outil, qui au départ était de gigantesques machines monstrueusement chères pour faire des calculs qui ne servaient qu'à la recherche - et à l'armée en parallèle et même souvent en amont. Le gain de place n'est pas qu'un argument industriel, mais une évolution logique. Microsoft aura été à l'origine de la propagation grand-public des ordinateurs comme solution alternative à IBM avec Apple qui équipait déjà des "créa" tels qu'on les connaît aujourd'hui. C'est à dire complètement déconnectés du dialogue homme-machine par souci de préserver leurs petits neurones. Ce luxe d'être traité en chose fragile a rendu vulnérable une bonne partie des artistes numériques devant l'innovation. Ils avaient les ronds de leurs papa-maman pour se payer des bécanes à la maison, et "créaient", pendant que d'autres moins chanceux n'approchaient ces machines qu'à travers des lignes de code à l'université. D'ailleurs la ruine de ce système a été la distribution grand-public de manière officeuse des logiciels de l'aéronautique, comme Katia qui ont propagé l'écriture de logiciels 3D que les Macintosh n'ont pas su gérer, cloués par leur besoin d'image et leur manque d'évolutivité. De la même manière, les Operating System successifs et mals foutus de Microsoft noyé dans son souci de rentabilité, auront permis à une génération de bricoleurs de s'éclater et de distribuer la technologie innovante au reste de la population. Ce qui est toujours le cas, jusqu'au fameux Longhorn qui nous attends avec son armée de lois et de cabinets spécialisés qui sont en train d'envahir l'Europe. Personnellement, je crois qu'il est déjà trop tard.Tu as raison, mais sans l'industrie, il n'y aurait pas eu demicro-ordinateur ni de micro-programmeurs8). N'est pas l'industrie qui a financé la recherche, et ceci, sans doute, dans un but précis, allant dans le sens d'une meilleur rentabilité pour de meilleurs profits (ou je suis devenu complètement parano)?
Les micro-programmeurs en l'occurence ne sont pas les luttiers dont je parle. Les "développeurs" et je préfère largement ce terme, travaillent essentiellement en open-source, si ce n'est librement.
Si tu veux, dans le sens de l'"Art" tel qu'on le concoit aujourd'hui dans les hautes sphères. Je me demande quelle serait la mise à prix chez Christie's d'un champignon atomique sur Paris. Probablement très cher, quand ils pourront faire leurs transactions des stations géostationnaires ou au volant de leurs fusées interplanétaires. Pour l'instant, ils n'ont esquinté que les plus belles îles du monde.Une théorie des ensembles comme la topologie, est pour moi une oeuvre d'Art. Ca dépend de ce que l'on ressent devant. Moi, ce que je trouveUn champignon atomique aussi peut être une oeuvre d'art 8-!
Et ce qui est encore plus beau, c'est que ça devient des outils..... pour constuire un monde meilleur?Alors ça, ça se discute! ça reste à démontrer.
C'est un travail d'utopiste.
Personnellement, je m'éclate avec n'importe quel instrument. J'ai trouvé des merveilles en vidéo insoupçonnables dans de tous petits programmes d'animation gif pour le web. Il faut savoir être curieux et bricoleur. C'est en cela que les artistes numériques - privilégiés au départ - ont été fragilisés. Les logiciels libres sont au début de leur essor, et tu ne connais pas leur évolutivité à l'instant t d'aujourd'hui, si tu n'es pas un minimum au courant. Tu as la possibilité avec cette communauté de faire connaître tes désirs, et d'être entendu. Les artistes numériques sont avant tout des béta-testeurs et cela même en recherche industrielle. La grande différence, c'est que tu es entendu par une communuauté internationale de développeurs passionnés - et si j'en juge certaines réalisations que j'ai pu voir moi-même - impressionnants de compétences, dépassant largement les dernières réalisations de broadcast. Pour pouvoir dialoguer avec eux et te faire construire un stradivarius, il faut aller à leur rencontre. C'est un minimum.Le programmeur va appliquer sa notion des mathématiques pour te créer un outil sur-mesure. Et ça c'est aussi beau qu'un luttier du XVIIIème siècle. Disons que le programmeur est un artisan d'Art. Et que sans lui, ta musique n'existe pas.Là aussi, ça se discute. Surtout concernant le logiciel libre. Les seuls outils vraiment fiables qui me permettent de créer des oeuvres actuellement sont des outils commerciaux (Cubase, logic, Sonar, etc.) fonctionnant uniquement sous emesse ouinedoze. Hors, ici, au moment où je tape ce message, je suis sous Linux. Linux est libre, mais il n'y a pas un seul logiciel musical digne de ce nom qui tourne sous Linux. Ce n'est pas un reproche que je fais à la communauté linuxienne que je respecte beaucoup, c'est juste une remarque qui, à mon avis, contreditun peu ton optimisme sur les programmeurs/artistes.
Je peux t'affirmer que Steinberg (Cubase) ou Emagic (Logic), etc. n'ont rien à voir avec des artisans amoureux passionnés de leur métier. Leurs stratégies commerciales le montre suffisamment.
Leurs logiciels sont faits pour la musique industrielle.(J'avais hier-soir l'intention de poster un thread rigolo sur les agitations de l'IFPI).
Ca, j'en suis certaine... sinon, on ne peut pas te qualifier de compositeur. Avant, il suffisait de l'écrire sur des partitions, mais tu remarqueras que les musiciens connaissaient d'avance quels instruments allaient intervenir. Je pense que c'est ce manque de choix qui les a poussés à en mettre autant, à mettre leur créativité dans leur articulation, dans l'espace et dans le temps. Les technologies aujourd'hui te permettent de créer des sons (vous parlez de couleur, de chaleur...) de façon même carrément aléatoire... ça, c'est ce que les programmes peuvent prévoir pour toi.Quant à "ta musique n'existe pas", je peux t'affirmer qu'avant d'être dans un ordinateur, ma musique est dans ma tête (esprit, coeur, âme, comme tu veux). Donc, même sans Luthier, Hi-tech ou non, elle existerait quand même. Est-ce le cas pour un programme?
Tu peux te laisser aller à la transe qui est de toute façon l'état dans lequel les artistes se trouvent quand ils créent. En t'étonnant toi-même de retrouver chaque fois ce que tu avais entendu. Je me trompe? Nous sommes peut-être ce qu'on appelle les "attracteurs étranges" dans la physique du chaos.
(je suis un utopiste, mais je me soigne 8)).On ne guérit pas de cette maladie, heureusement.Tu crois? pourtant j'en connais plein qui, à mon âge, ont perdu "toutes leurs illusions de jeunesse" comme disaient mes grands parents jadis.
Illusions, pas utopie. Miluz.
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