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RE: le "combat" est ailleurs (lonG)



[Attention C Long...- tant pis, j'ai suivi le fil de mes pensées
 J'envoie, - si vous commnencez, essayez quand mm d'aller
 jusqu'à la fin, Salut !]


[multiple citation .. du "libroscope"]
> >il faut de toute urgence inventer d'autres formes de commerce,
> >d'industrie etc. des formes d'échanges équitables comme on dit, et
> >le copyleft est un atout fantastique pour cela.
>
> Sur la raison du copyleft, je conseille à tout le monde l'article
> d'Antoine Pitrou
> http://www.libroscope.org/Le-business-malin-des-bonnes qui montre
> bien le problème que peuvent poser des licences quasi-libres qui
> n'autorisent pas le commerce ou la transformation (ou les deux).
> A poursuivre par celui de Raphaël Rousseau :
> http://www.libroscope.org/Les-bonnes-pratiques-Libres-si-je


Je fais une remarque (que comprendrons aussi ceux qui lisent les
licences... et le Code, aussi :-):

Il ne manque aux licences copyleft qu'un pas pour atteindre
la maturité : clarifier la notion de tutelle d'auteur,
(indépendante de la propriété) et par voie de conséquence,
assumer les conséquences liées au droit de transformation.

La "transformation", en termes légaux, a des implications
que le copyleft n'intériorise pas du tout (il n'a pas à le faire).

Le principe légal, c'est que l'auteur d'une oeuvre transformée
exerce sur sa version la même tutelle que l'auteur sur sa version
originale.

Y compris le pouvoir de _ne pas adopter le copyleft_.

On ne compose avec la tutelle des gens, c'est à dire, avec
les droits moraux : soit on reconnaît la tutelle de l'Autre,
soit on ne las reconnaît pas.
La tutelle n'est pas divisible, ni vénale, comme le sont les
droits de propriété.

----

Soit le copyleft prend acte de ce postulat (c'est pas le mien,
c'est celui de la Loi), soit, chaque fois qu'il parlera de
"liberté de modifier, de transformer", il continuera de
provoquer des réaction émotionnelles, de rejet ou d'amour.

Mais il ne parviendra pas convaincre, c'est à dire, il ne pourra pas
servir de cadre à une action consciente, sociale, ou économique,
s'il ne parvient pas à intégrer les mots qu'il utilise
dans le discours général de la société, pour la faire évoluer.

En l'état actuel, le copyleft (je parle du modèle "viral", celui
qui oblige à perpétuer la licence) n'autorise pas "la transformation"
des oeuvres, au sens légal du terme.
Il invite en réalité les bénéficiaires à participer au
développement de l'oeuvre... par l'auteur... sous la seule tutelle
de l'auteur.

En termes juridiques, il n'y a pas là dedans d'"Auteur dérivé".
Je sais que bon nombre de commentateurs disent qu'il "y a un problème"
sur les droits des auteurs dérivés, et tralala. En fait, c'est plus simple
que ça : "les droits de l'Autre" n'existent tout simplement pas.
Le sens que la licence donne aux mots "modification, transformation,
traduction" n'a aucun sens, aucune portée légale.

Si jamais une interprétation juridique voulait s'appyuer sur cette
"autorisation", la clause serait annulée par l'obligation qui est
faite aux bénéficiaires de perpetuer la licence. Dans l'ambiguïté,
c'est l'intérprétation qui protège le droit d'auteur qui prévaut,
c'est à dire, aucune tutelle légale n'est accordée aux bénéficiaires
qui voudront transformer l'oeuvre.

Pour comprendre: l'analogie serait celle d'un travail non rémunéré,
que l'auteur demande à ses bénéficiaires.
-- "For free".

On aura beau se répéter qu'on parle de liberté, en pratique : tout le
monde comprend bien que c'est gratuit. La sagesse populaire ne
s'y trompe pas, qui a fait le succès du logiciel "gratuit".
Les gens ne sont pas idiots. Mais non, pensez-vous. C'est simplement
que la liberté, elle n'a pas grand chose à voir avec le copyleft ! :)

:-D)

-----

Je ne fais pas une critique négative, pas du tout.

Je fais une suggestion claire, pour que le copyleft tranche
sur cette question de la tutelle, de la souveraineté des utilisateurs.
Pour qu'il positionne clairement son discours vis à vis des enjeux
de société, pour qu'il propose enfin des démarches économiques
conformes avec son analyse de la propriété.

Je ne crois pas que le "combat" du copyleft soit d'imposer aux
autres sa propre licence, ni de confondre les gens sur la
signification des mots.

Au contraire, je vois le copyleft comme une sorte de lecture
utlra-orthodoxe(*) du Droit d'auteur, tel qu'il est recueilli
dans les Lois d'auteur (pas dans une licence de référence !).

La pierre de touche du copyleft, c'est qu'une oeuvre d'auteur
ne _doit_ être protégée que pour autant qu'elle est s'expose dans
ses sources.
En effet, si le copyleft peut _obliger_ à exposer les source
d'une oeuvre, c'est en vertu d'une interprétation stricte de
la Loi. L'impératif ne se trouve pas dans le contrat de licence :
il se trouve dans la Loi.

La licence n'est là que pour applique la Loi au cas concret de
l'oeuvre particulière qu'elle protège.

J'irai même jusqu'à dire:
L'impératif de liberté du copyleft, il se trouve dans la Loi.

Voilà comment je comprends le copyleft.

C'est très fort comme ça, pour qu'on n'ai pas besoin d'en
rajouter.
Je crois aussi que nous sommes nombreux, ici, et qu'il nous
tarde de mettre en oeuvre cet impératif :)


Bon, on reprend une autre fois.
Je n'ai même pas encore fini de lire le fil précédent

(*)Note: ultra-orthodoxie... toute analogie avec le sectarisme
des militants copyleft est très illustrative !
-- Mais riez donc, bande d'auteurs ! :)


Salut _inacio


I.Robredo Maturana -- http://www.in3activa.org
(LGT-FRv1r4 - http://www.in3activa.org/doc/fr/LGT-FR.html)