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Re: Artiste: profession ou hobbie?



Bonjour à tous,
Il me semble que poser le problème de la place de l'art dans la société sans remettre en cause les structures de cette société, c'est un peu futile. On peut bouger les meubles, changer l'agencement des pièces, ouvrir plus de fenêtres ou changer la couleur des murs. Mais si la société reste ce qu'elle est, ce sera de toute façon tout de même un enfermement. Bon... On a de l'énergie et il faut bien la placer quelque part. Dans ce sens, l'art est un lieu qui offre des possibilités d'action. C'est déjà pas si mal. Une sorte de dernier refuge, en quelque sorte, quand ailleurs les possibilités d'action sont confisquées (les lois, c'est pas fait pour les chiens) au fur et à mesure par les puissants. Maintenant, est-ce que cette action est efficace?
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Pourquoi la création devrait-elle être la plus folle possible?
Est-ce une ôde à l'individu, sorte de héros qui part à la conquète de nouveaux territoires, de jamais vu? Personnellement, je suis rassasié des conquérants, des aventuriers qui ne font que préparer la venue du troupeau une fois les barbelés posés et l'accès rendu payant.. Peut-être aussi que ce besoin de créer et de voir des oeuvres "folles" a à voir avec la nostalgie de la communion (pas dans un sens religieux - quoi que religieux ait sa racine dans "relier"). La nostalgie du lien, du sens d'être un humain dans la société humaine. La nostalgie de la chaleur de se sentir ensemble. L'artiste serait un peu le porteur de cet idéal communautaire, mais réduit à l'individu, et souvent même à une partie de lui-même: sa cervelle. (le corps virtuel? hum...) Ce n'est pas l'art seulement qu'il faut réformer, mais la société toute entière. Ce n'est pas le commerce de l'art qui devrait être en question, mais notre société qui réduit tout - l'art y-compris - à du commerce. Je sais bien que plus grand monde n'a le goût à ça (c'est très Soixantehuit-Art et d'assez mauvais goût) et que chacun est reparti jouer dans son coin. Et d'ailleurs, je fait pareil. Je continue à m'amuser dans mon coin. Mais avec les années qui passent, je vois bien que les seuls qui persistent un tant soi peu sont ceux qui sont arrivés à donner un sens social à leur travail. Et généralement, c'est du fric et une certaine reconnaissance. Sans ce moteur, ils sont rares ceux qui tiennent le coup (je veux dire, pas les quelques années de la jeunesse; mais toute leur vie).

Bon... tout ça est un peu mélangé et bien incomplet. Je m'en excuse. Je n'ai pas l'esprit très clair. Et je ne sais même pas si ça peut servir à quelque-chose de débattre de ces questions aujourd'hui.
Amicalement à tous,

Elode

Eric.m a écrit :

   a écrit :

Salut tout le monde!

Oula! Je devrai lire mes mails plus régulièrement... Le débat que j'ai lancé (sans le faire exprès) en me présentant est partit trés loin et dans tous les sens. En guise de réponse à la question qui résume tous ce débat, celle posée par Eric (de quoi l'artiste peut-il vivre ? N'y aurait-il de place que pour l'amateurisme (au sens ou il faut exercer une profession à côté pour vivre) ? Le mécénat ? Peut-on décoréler la création artistique de la rémunération de l'auteur ?),
je souhaiterai simplement définir mon point de vue.
Je pense que considérer l'art comme un simple produit marchand est une enorme connerie, tous en conviendront (au moins sur cette liste de diffusion)... Nul besoin non plus de donner des exemples de la médiocrité artistique des oeuvres crées dans le but de vendre (et uniquement dans ce but)... Dans l'absolu, je pense que chaque concession faite au public, (histoire de plaire à plus de monde) equivaut à un appauvrissement supplémentaire de son oeuvre. Ceci étant, je dois reconaître que ce n'est pas parce qu'on gagne de l'argent grace à l'art qu'on le corrompt forcément. Il suffit pour cela de ne pas enfermer sa créativité dans le carcan du marchandising. Cependant, la limite entre d'une part, vivre de son art, et d'autre part, sacrifier une partie de son oeuvre (surement la plus folle, et à mon avis la meilleure), pour gagner plus, si elle est claire pour l'artiste, est floue pour le spectateur. Dans l'absolu donc, je pense qu'en effet il ne devrait y avoir dans l'art, de place que pour l'amateurisme (il faudrait donc exercer une profession à côté pour vivre), que le mécénat est une bonne idée si le mécène n'exerce aucune contrainte sur l'artiste, et que l'ont peut (et on l'a fait) décoréler la création artistique de la rémunération de l'auteur. A ceux qui pensent que c'est utopique, je répondrai que c'est une utopie qui fonctionne actuellement, malgrés la répressions et les dérives (ceux qui savent ce que sont les "frees" et autres "raves parties sauvages" me comprendront). Bien sûr cela équivaut à faire voeux de pauvreté, mais quand on aime, on ne compte pas. Dans la pratique je ne condamne pas forcément la rémunération des auteurs, mais trouve simplement que par les temps qui courrent, ils jouent à un jeu dangeureux pour l'art.

@+
Pierrot-le-fou