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RE: le reve d'Adolf
- From: Antoine Moreau < >
- Date: Thu, 25 Apr 2002 10:29:32 +0200
- In-reply-to: < >
À (At) 17:54 +0200 24/04/02, I.R.Maturana écrivait peut-être (may be wrote) :
Au fond, une licence libre est déjà une manière d'introduire des "formes", légales en apparence, mais des formes tout de même, au mouvement des idées. L'art se sert de formes pour faire avancer la société.
oui, je pense aussi que l'art véritablement contemporain ne s'exerce pas sur les formes telles qu'on les imagine avec leur plasticité et leur mise en scène visiblement "artistique". Une licence libre est un outil formateur et qui dégage un art qui prend distance avec les déterminismes culturels figés et fétichisés en place. Le droit est un matériaux que l'art peut entreprendre avec une vision singulière et qui transforme l'idée de l'art qui mérite bien un peu d'attention pour qu'il demeure encore dans le paysage sauvage des forces en présence. L'art est sans doute une faiblesse essentielle et puissante.
Alors, je ne vois pas pourquoi on ne s'en occuperait pas sur ce forum aussi, sur tous les forums même, et carrément sur Internet, pourquoi pas. Je trouverai plus normal de voir artistes se mettant à imaginer des modèles législatifs nouveaux, que d'écouter ce que vont nous dire les candidats au 2e tour.
je n'ai rien contre le fait que le problème que nous rencontrons aujourd'hui après ce "11 septembre" français qui frappe l'institution politique soit ici accueilli et envisagé. Je suis abonné à d'autres listes qui traitent de choses particulières et rien ne vient troubler le cours des choses. Le cours des choses est remis en cause et nous sommes atteints.
Après tout, c'est ça le métier d'un artiste, de concevoir le monde.
concevoir ou l'observer?
Concevoir. Mais je n'ai pas dit que les artistes doivent se présenter aux élections. Oh, alors, surtout pas.
Oui, Hitler rêvait d'être un artiste. Je cite : "Je ne serai pas fonctionnaire, non et non! En vain mon père essayait-il d'éveiller en moi cette vocation par des peintures de sa propre vie ; elles allaient contre leur objet. J'avais des nausées à penser que je pourrais un jour être prisonnier dans un bureau ; que je ne serais pas le maître de mon temps, mais obligé de passer toute ma vie à remplir des imprimés. ... J'avais alors douze ans... Un jour, il me fut évident que je devais devenir peintre, artiste-peintre... Mon père en demeura preque muet. "Peintre? artiste-peintre?" Il douta de mon bon sens, crut avoir mal entendu. Mais lorsque mes explications lui eurent montré le caractère sérieux de mon projet, il s'y opposa aussi résolument qu'il pouvait le faire. "Artiste-peintre, non, jamais de la vie!" Des deux côtés, on en resta là. Le père n'abandonna pas son "jamais" et je confirmai mon "quand même"." Le récit de ce conflit familial est tiré de MEIN KAMPF. Le fils qui sent surgir en lui une irrésistible vocation d'artiste est... Adolf Hitler. Il va peindre, écrire des sonnets et des pièces, composer un opéra, se passionner pour l'architecture. Visiter les musées et les monuments. Lire une histoire de l'architecture et, de Wagner, L'OEUVRE D'ART ET L'AVENIR. Se priver de manger pour s'offrir le théâtre et l'opéra. Refusant tout travail fixe, il vivra à Vienne la vie de bohème. Son ami d'enfance, Kubizek - un musicien - écrira qu'Hitler lui "confia son intention de consacrer sa vie à l'Art... L'Art était entré depuis longtemps dans sa vie. Il s'y consacrait avec un enthousiasme juvénile, persuadé de sa vocation d'artiste, abandonnant collège et étude à leur grisâtre monotonie... Pour Adolf, l'art contrebalançait son besoin intense d'activité et le côté sérieux de son caractère... Il projetait de réunir dans notre maison des amateurs d'art..." Pour le malheur du monde, le cours de la carrière artistique d'Hitler sera déviée par son echec au concours d'entrée à la section de peinture de l'académie des Beaux-Arts de Vienne. "J'étais si persuadé du succès, écrira-t-il, que l'annonce de mon échec me frappa comme un coup de foudre dans un ciel clair." Il orienta désormais toute son ambition vers la politique. Néanmoins, tout au long de sa vie, il continuera à se passionner pour l'art. Dans un discours qu'il prononcera à Nuremberg en 1935 devant le Congrès national-socialiste, il chantera un hymne à la gloire de l'Art, de l'Art avec un A majuscule ; et lorsqu'il occupera Paris en 1940, il s'inquiétera du sort de L'ASTRONOME de Vermeer, de la collection Rothschild. Jean Gimpel in "Contre l'art et les artistes", seuil, 68 (épuisé).
Mais concevoir le régime politique, ne serait-ce que pour l'art, c'est déjà assez.
l'art EST politique quand la politique est réduite à la gestion de l'économie. Ce que nous vivons c'est une absence de politique de la part du pouvoir. Et aussi, un absence d'art (quel est-il alors?...) dans les pratiques culturelles qui s'en réclament de l'art et de l'art encore et de l'art toujours (lire le n° spécial de la lettre d'information du ministère de la culture et de la communication concernant "les nouveaux territoires de l'art" : délirant, hallucinant)
;-D) [En fait, il est très bien ce forum. Honnêtement, je me vois mal faire un discours pareil ailleurs. J'en avais besoin. :-D)]
Ce n'est pas un forum c'est une liste de diffusion, mais oui, elle est bien cette liste, elle est bien ce qu'on en fait -- antoine
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