Logo
copyleft_attitude
  Accueil > Listes > RE: le reve d'Adolf 

Date Prev Date Next Thread Prev Thread Next Date Index Thread Index

RE: le reve d'Adolf



À (At) 17:54 +0200 24/04/02, I.R.Maturana écrivait peut-être (may be wrote) :
Au fond, une licence libre est déjà une manière d'introduire
des "formes", légales en apparence, mais des formes tout de même,
au mouvement des idées. L'art se sert de formes pour faire
avancer la société.

oui, je pense aussi que l'art véritablement contemporain ne s'exerce
pas sur les formes telles qu'on les imagine avec leur plasticité et
leur mise en scène visiblement "artistique". Une licence libre est un
outil formateur et qui dégage un art qui prend distance avec les
déterminismes culturels figés et fétichisés en place. Le droit est un
matériaux que l'art peut entreprendre avec une vision singulière et
qui transforme l'idée de l'art qui mérite bien un peu d'attention
pour qu'il demeure encore dans le paysage sauvage des forces en
présence. L'art est sans doute une faiblesse essentielle et puissante.

Alors, je ne vois pas pourquoi on ne s'en occuperait pas sur
ce forum aussi, sur tous les forums même, et carrément sur Internet,
pourquoi pas.
Je trouverai plus normal de voir artistes se mettant à imaginer
des modèles législatifs nouveaux, que d'écouter ce que vont nous
dire les candidats au 2e tour.

je n'ai rien contre le fait que le problème que nous rencontrons
aujourd'hui après ce "11 septembre" français qui frappe l'institution
politique soit ici accueilli et envisagé. Je suis abonné à d'autres
listes qui traitent de choses particulières et rien ne vient troubler
le cours des choses. Le cours des choses est remis en cause et nous
sommes atteints.

Après tout, c'est ça le métier d'un artiste, de concevoir
le monde.

concevoir ou l'observer?

Concevoir. Mais je n'ai pas dit que les artistes doivent se
présenter aux élections. Oh, alors, surtout pas.

Oui, Hitler rêvait d'être un artiste.
Je cite :
"Je ne serai pas fonctionnaire, non et non! En vain mon père essayait-il
d'éveiller en moi cette vocation par des peintures de sa propre vie ;
elles allaient contre leur objet. J'avais des nausées à penser que je
pourrais un jour être prisonnier dans un bureau ; que je ne serais pas
le maître de mon temps, mais obligé de passer toute ma vie à remplir des
imprimés.
... J'avais alors douze ans... Un jour, il me fut évident que je devais
devenir peintre, artiste-peintre...
Mon père en demeura preque muet.
"Peintre? artiste-peintre?"
Il douta de mon bon sens, crut avoir mal entendu. Mais lorsque mes
explications lui eurent montré le caractère sérieux de mon projet, il
s'y opposa aussi résolument qu'il pouvait le faire.
"Artiste-peintre, non, jamais de la vie!"
Des deux côtés, on en resta là. Le père n'abandonna pas son "jamais" et
je confirmai mon "quand même"."
Le récit de ce conflit familial est tiré de MEIN KAMPF. Le fils qui sent
surgir en lui une irrésistible vocation d'artiste est... Adolf Hitler.
Il va peindre, écrire des sonnets et des pièces, composer un opéra, se
passionner pour l'architecture. Visiter les musées et les  monuments.
Lire une histoire de l'architecture et, de Wagner, L'OEUVRE D'ART ET
L'AVENIR. Se priver de manger pour s'offrir le théâtre et l'opéra.
Refusant tout travail fixe, il vivra à Vienne la vie de bohème.
Son ami d'enfance, Kubizek - un musicien - écrira qu'Hitler lui "confia
son intention de consacrer sa vie à l'Art... L'Art était entré depuis
longtemps dans sa vie. Il s'y consacrait avec un enthousiasme juvénile,
persuadé de sa vocation d'artiste, abandonnant collège et étude à leur
grisâtre monotonie... Pour Adolf, l'art contrebalançait son besoin
intense d'activité et le côté sérieux de son caractère... Il projetait
de réunir dans notre maison des amateurs d'art..."
Pour le malheur du monde, le cours de la carrière artistique d'Hitler
sera déviée par son echec au concours d'entrée à la section de peinture
de l'académie des Beaux-Arts de Vienne. "J'étais si persuadé du succès,
écrira-t-il, que l'annonce de mon échec me frappa comme un coup de
foudre dans un ciel clair." Il orienta désormais toute son ambition vers
la politique. Néanmoins, tout au long de sa vie, il continuera à se
passionner pour l'art. Dans un discours qu'il prononcera à Nuremberg en
1935 devant le Congrès national-socialiste, il chantera un hymne à la
gloire de l'Art, de l'Art avec un A majuscule ; et lorsqu'il occupera
Paris en 1940, il s'inquiétera du sort de L'ASTRONOME de Vermeer, de la
collection Rothschild.

Jean Gimpel in "Contre l'art et les artistes", seuil, 68 (épuisé).


Mais concevoir le régime politique, ne serait-ce que pour
l'art, c'est déjà assez.

l'art EST politique quand la politique est réduite à la gestion de
l'économie. Ce que nous vivons c'est une absence de politique de la
part du pouvoir. Et aussi, un absence d'art (quel est-il alors?...)
dans les pratiques culturelles qui s'en réclament de l'art et de
l'art encore et de l'art toujours (lire le n° spécial de la lettre
d'information du ministère de la culture et de la communication
concernant "les nouveaux territoires de l'art" : délirant,
hallucinant)

;-D)

[En fait, il est très bien ce forum. Honnêtement, je me vois mal
faire un discours pareil ailleurs. J'en avais besoin. :-D)]

Ce n'est pas un forum c'est une liste de diffusion, mais oui, elle
est bien cette liste, elle est bien ce qu'on en fait

--

	antoine


--
Pour toute commande au robot de la liste, adressez vous a   
Copyleft Attitude : <http://artlibre.org>
Archives et administration : <http://lists.april.org/wws/>